viernes, 5 de junio de 2015

La poésie au XVIIe siècle

1. Poésie Baroque: cette type de poésie parle de métamorphose, de l'inconstance, de l'illusion et de l'instabilité.


2. Poésie Classique: vient corriger le désordre de la poésie baroque.

La poésie au XVIIIe siècle

Ce siècle, (Le Siècle des Lumières) a été dédié plutôt à la philosophie, ses apports par rapport la poésie n'ont pas était remarquables.

La poésie au XIXe siècle

On parle du Romantisme

1. Poésie Lyrique: retrouver l'harmonie du moi avec le monde à travers la communion avec la nature.


2. Poésie Engagée: exprime les sentiments et les souffrances profondes des individus, Victor Hugo par exemple.


3. Poésie Onirique: exprime le goût pour le fantastique, ouvre la porte à la poésie en prose.


Le Symbolisme

Existence d'un univers supérieur et invisible, les sensations et les impressions prennent la place des représentations et des descriptions.

Le Parnasse

Ce mouvement est né comme réaction au lyrisme, le parnasse cherche la beauté esthétique "l'art pour l'art".

La poésie au XXe siècle

On parle du Surréalisme.


Exploration des rêves, de la magie et de la folie, on combat la censure exercée par la morale et la raison.

L'individualisme ouvre des horizons nouveaux au monde de la poésie.

Et Maintenant... Un poème

Raymond Queneau


L’Explication des métaphores

   
Loin du temps, de l’espace, un homme est égaré, 
Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore, 
Les naseaux écumants, les deux yeux révulsés,
Et les mains en avant pour tâter le décor

— D’ailleurs inexistant. Mais quelle est, dira-t-on, 
La signification de cette métaphore :
« Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore »
Et pourquoi ces naseaux hors des trois dimensions ?

Si je parle du temps, c’est qu’il n’est pas encore,
Si je parle d’un lieu, c’est qu’il a disparu,
Si je parle d’un homme, il sera bientôt mort,
Si je parle du temps, c’est qu’il n’est déjà plus,

Si je parle d’espace, un dieu vient le détruire,
Si je parle des ans, c’est pour anéantir,
Si j’entends le silence, un dieu vient y mugir
Et ses cris répétés ne peuvent que me nuire.

Car ces dieux sont démons ; ils rampent dans l’espace 
Minces comme un cheveu, amples comme l’aurore, 
Les naseaux écumants, la bave sur la face, 
Et les mains en avant pour saisir un décor

— D’ailleurs inexistant. Mais quelle est, dira-t-on, 
La signification de cette métaphore
« Minces comme un cheveu, amples comme l’aurore »
Et pourquoi cette face hors des trois dimensions ?

Si je parle des dieux, c’est qu’ils couvrent la mer
De leur poids infini, de leur vol immortel,
Si je parle des dieux, c’est qu’ils hantent les airs,
Si je parle des dieux, c’est qu’ils sont perpétuels,

Si je parle des dieux, c’est qu’ils vivent sous terre, 
Insufflant dans le sol leur haleine vivace, 
Si je parle des dieux, c’est qu’ils couvent le fer,
Amassent le charbon, distillent le cinabre.

Sont-ils dieux ou démons ? Ils emplissent le temps,
Minces comme un cheveu, amples comme l’aurore,
L’émail des yeux brisés, les naseaux écumants,
Et les mains en avant pour saisir un décor

— D’ailleurs inexistant. Mais quelle est, dira-t-on, 
La signification de cette métaphore 
« Mince comme un cheveu, ample comme une aurore »
Et pourquoi ces deux mains hors des trois dimensions ?

Oui, ce sont des démons. L’un descend, l’autre monte.
À chaque nuit son jour, à chaque mont son val,
À chaque jour sa nuit, à chaque arbre son ombre,
À chaque être son Non, à chaque bien son mal,

Oui, ce sont des reflets, images négatives, 
S’agitant à l’instar de l’immobilité,
Jetant dans le néant leur multitude active
Et composant un double à toute vérité.

Mais ni dieu ni démon l’homme s’est égaré,
Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore,
Les naseaux écumants, les deux yeux révulsés,
Et les mains en avant pour tâter un décor

— D’ailleurs inexistant. C’est qu’il est égaré 
Il n’est pas assez mince, il n’est pas assez ample :
Trop de muscles tordus, trop de salive usée.
Le calme reviendra lorsqu’il verra le Temple
De sa forme assurer sa propre éternité.